Scope 3 & GHG Protocol

Scope 3 de l'IT : quoi mesurer et comment

Pour la plupart des organisations, l'essentiel de l'empreinte informatique ne se trouve pas dans la consommation électrique des machines, mais dans les émissions indirectes : fabrication du matériel, achats de services, cloud, fin de vie.

Scope 1, 2 et 3 : de quoi parle-t-on ?

Le GHG Protocol distingue trois périmètres. Le scope 1 couvre les émissions directes des sources détenues ou contrôlées par l'organisation. Le scope 2 couvre les émissions liées à l'énergie achetée, notamment l'électricité. Le scope 3 couvre les autres émissions indirectes de la chaîne de valeur, en amont comme en aval.

Le standard scope 3 du GHG Protocol (Corporate Value Chain Standard) découpe ce périmètre en 15 catégories. Toutes ne concernent pas l'IT : l'enjeu est d'identifier celles qui la concernent réellement, et de ne pas payer le prix d'une collecte inutile.

Les catégories scope 3 qui concernent votre parc IT

Les achats de biens et services (catégorie 1) et les biens d'équipement (catégorie 2) portent généralement l'essentiel : ordinateurs, écrans, téléphones, serveurs, équipements réseau, mais aussi services logiciels et cloud achetés à des tiers.

Viennent ensuite le transport et la distribution en amont (catégorie 4), les déchets générés par les activités (catégorie 5), et le traitement en fin de vie des produits vendus (catégorie 12) pour les organisations qui distribuent du matériel. Le télétravail relève du travail à domicile des collaborateurs, à traiter explicitement dans votre périmètre.

La règle utile : l'électricité consommée par vos équipements relève du scope 2, la fabrication de ces mêmes équipements relève du scope 3. C'est pourquoi une mesure limitée à la consommation électrique sous-estime structurellement l'empreinte d'un parc informatique.

Quelles données utiliser, et à quel prix

Deux approches coexistent. L'approche par dépense applique un facteur d'émission à un montant acheté : rapide, peu coûteuse, mais peu sensible aux décisions réelles — allonger la durée de vie d'un ordinateur n'y change presque rien.

L'approche par inventaire physique part des équipements réels, de leur nombre, de leur type et de leur âge. Elle demande un inventaire propre, mais elle est la seule qui rende visibles les leviers d'action : durée de vie, réemploi, dimensionnement, matériel dormant.

Quelle que soit l'approche, documentez la source et le millésime des facteurs d'émission utilisés, ainsi que les exclusions. Sans cela, aucune comparaison d'une année sur l'autre n'est défendable.

Erreurs fréquentes

Compter deux fois un équipement présent à la fois dans l'inventaire et dans les achats de l'année. Oublier le matériel dormant, non attribué mais bien acheté. Traiter le cloud comme hors périmètre parce que le fournisseur ne publie pas de donnée exploitable — l'absence de donnée fournisseur ne fait pas disparaître l'émission, elle doit être signalée comme telle.

Enfin, changer de méthode ou de facteurs entre deux exercices sans le mentionner : la variation observée n'est alors plus une variation d'empreinte, mais une variation de méthode.

Une démarche de mesure en quatre temps

L'objectif est une base fiable, reproductible et comparable, pas une exhaustivité théorique.

  1. 1. Inventaire réel du parc

    Nombre, type, âge et affectation des équipements. C'est l'étape la plus chronophage, et celle qui détermine la qualité de tout le reste.

  2. 2. Choix des catégories

    Sélection des catégories scope 3 pertinentes pour votre activité, avec les exclusions écrites et justifiées.

  3. 3. Calcul et documentation

    Application des facteurs d'émission selon le GHG Protocol, avec traçabilité des sources et des hypothèses.

  4. 4. Suivi dans le temps

    Conservation de l'historique et automatisation de l'import, pour que l'exercice suivant mesure des progrès et non une nouvelle méthode.

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Questions fréquentes sur le scope 3 de l'IT

Combien de catégories compte le scope 3 ?
Le standard scope 3 du GHG Protocol définit 15 catégories, réparties entre l'amont et l'aval de la chaîne de valeur. Une organisation ne les documente pas toutes : elle justifie celles qui sont pertinentes et celles qui sont exclues.
Les ordinateurs portables relèvent-ils du scope 2 ou du scope 3 ?
Les deux, selon ce que l'on mesure. L'électricité qu'ils consomment relève du scope 2 ; leur fabrication, leur transport et leur fin de vie relèvent du scope 3. Pour du matériel utilisateur, la part de fabrication est généralement la plus lourde.
Comment traiter le cloud et les services logiciels ?
Ce sont des services achetés à un tiers : ils relèvent de la catégorie 1 du scope 3. Les données publiées par les fournisseurs varient en périmètre et en méthode ; utilisez-les en indiquant la source, et signalez explicitement ce que vous n'avez pas pu obtenir.
Faut-il un inventaire parfait pour commencer ?
Non. Il faut un inventaire honnête : périmètre écrit, lacunes identifiées, hypothèses documentées. Un premier exercice imparfait mais traçable vaut mieux qu'un chiffre précis dont personne ne sait comment il a été obtenu.
Quel lien avec la CSRD et les ESRS ?
La norme climat ESRS E1 demande la publication des émissions brutes des scopes 1, 2 et 3. Le scope 3 de l'IT alimente donc directement le reporting de durabilité, et le GHG Protocol reste le cadre de calcul de référence.

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